Les Portugais et les Mascareignes, part de réalité et part de légende.
Réponses aux questions du test

Réponses 1 et 2 :
Les chroniques portugaises et le journal des expéditions portugaises ne laissent place à aucune ambiguité :
En 1500, dérivant à cause d’une tempête, Diego Dias arriva à une terre qu’il longea pendant longtemps avant de se rendre compte que ce n’était pas la côte est de l’Afrique mais la côte est de Madagascar. Les chroniques de Gaspard Correa et de Castanheda sont claires à ce sujet.
En 1502, la consultation du journal tenu par Tomé Lopes faisant foi, aucun navire de la flotte de Vasco de Gama ne s’éloigna du convoi qui emprunta le canal de Mozambique. La piste de Tristan da Cunha est écartée.
Par contre, on lit dans les Légendes de l’Inde de Gaspard Correa que l’un des trois navires placés sous le commandement de Saldanha, éloigné de la flotte par une tempête en Novembre 1503 au large du Cap, atteignit une île regorgeant d’eau et de poissons. le capitaine de ce navire était Diego Fernandez Peteira et non Pereira. Il avait quitté Lisbonne le 23 avril 1503, était arrivé au large du cap de Bonne Espérance en novembre de la même année

.
et, pris dans la tempête, il avait mis entre deux mois et demi et trois mois pour contourner l’anticyclone des Mascareignes par l’est, passer par les basses des Gargados Garajos. Voulant regagner la côte d’Afrique, il fit de l’ouest. Mais le courant Sud-équatorial avait fait dériver Diego Fernandez Peteira jusqu’à « l’île » qu’il atteignit le 9 février 1504, jour de la Sainte Apolline. C’est lui qui donna le nom de Santa Apelonya à cette île où il séjourna pendant le premier semestre 1504.
Si certains historiens lui attribuent la « découverte » d’une des Mascareignes, la date de 1507 est inexacte. En 1507, il était pilote du navire d’Albuquerque, et cette année-là, il passa par le canal de Mozambique
Réponses 3 et 4 :
Et Mascarenhas alors ?
On confond souvent Pero Mascarenhas, qui se battit en Inde sous les ordres d’Afonso de Albuquerque et Pedro de Mascarenhas, noble Portugais, qui fut ambassadeur auprès du Pape et devint Vice-roi des Indes en 1554.
Aucun des deux n’a jamais vu les Mascareignes ni de près, ni de loin.
Le prétendu passage de Pero Mascarenhas par les Mascareignes en 1512 pose le problème de l’absence de rigueur de ceux qui se sont accrochés à cette hypothèse. En effet, lorsque au début du mois de mars 1512, à son arrivée à Mozambique, Noronha demanda à Mascarenhas de devancer la flotte pour être à Cochin le plus vite possible, ce dernier, même s’il disposait d’une caravelle légère, donc plus maniable que le navire amiral, aurait pris deux fois plus de temps à redescendre et passer par « la route extérieure » au lieu de continuer à monter par la voie classique.
De toute façon, la voie qu’il aurait empruntée l’aurait fait passer très loin au sud-est des Mascareignes.
Route portugaise de l'Inde passant par l'extérieur de Madagascar
Réponse 5 :
Aucun Portugais ne déposa de cabris à la Réunion ni de singes à Maurice.

Réponse 6:
"Santa Apelonya" apparaît pour la première fois sur la carte de Lopo Homem dressée probablement après 1517
"y que achou Mascarenhas" est portée sur la carte de Wolfenbuttel, en 1540
Restent "ilhas masca remhas" "ilhas Mascarenhas".
Lorsque les mots : « ilhas masca remhas » ont été inscrits pour la première fois sur une carte, cela s’est passé, vraisemblablement à Cochin, au plus tard en 1509, c'est-à-dire trois ans avant la première venue de Pero Mascarenhas dans l'Océan Indien.
Cette ébauche de toponyme fut soufflée par les Malgaches et les naufragés Gujarates retrouvés dans le sud-est de Madagascar aux Portugais naufragés à Matitana en 1506 et plus tard, à Diego Lopez Sequeira . Ceux-ci en informèrent João de Lisboa qui les porta sur un portulan de l’Océan Indien qui fut recopié, en l’état, sur la mappemonde dite Kunstmann IV.
L’inscription « ilhas masca remhas » allait se transformer, bien des années plus tard, en « ilhas mascarenhas » sur la carte dite « Mappemonde de Magellan ».

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Roger Théodora, auteur de Candide et l'Ancien Puits . Illustrations empruntées à Candide et l'Ancien Puits.

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  Un peuple dont l'écriture de l'histoire est truffée d'événements tronqués, détournés, occultés, est un peuple fragile et manipulable parce que son expérience lui a été volée    
           
 


     
       
       
 
     
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